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Une
oeuvre contemporaine de portée internationale
bientôt à Bourbourg Découvrir
l’art sacré contemporain |
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![]() L'église de Bourbourg ![]() L'une des oeuvres de l'artiste visible sur son site officiel |
En mars
1997, la conservation régionale des monuments historiques
(CRMH) s'apprête à
engager l'étude de restauration du choeur gothique de
l'Eglise de Bourbourg,
choeur classé monument historique depuis 1920.
Impressionné par l'ampleur du
choeur dévasté, le conservateur
régional des monuments historiques sollicite le
service des arts plastiques afin d'étudier la
possibilité d'associer un
créateur. Une
Eglise partiellement reconstruite Commune
des Flandres maritimes, Bourbourg se situe à
proximité de Dunkerque, Gravelines
et Calais. Bourbourg naît au XIème
siècle d'un important travail de digues, de
polders et de reconquête sur le mer : l'habitat s'organise de
façon
concentrique autour de son église. celle-ci se construit au
XIIIème siècle sur
les plans d'un premier sanctuaire qui apparaît au
IXème siècle. L'église
dédiée
à Saint-Jean Baptiste est à plusieurs reprises
confrontée aux épreuves de la
guerre (guerre de 100 ans, dommages de 1709, seconde guerre mondiale).
En 1940,
un bombardement détruit la couverture dans un incendie, la
voûte s'écroule et
le pavement est démonté par l'occupant. En 1955,
la restauration est achevée sur le Nef et le transept mais
le choeur ruiné est
fermé par une cloison de briques maintenue
jusqu'à nos jours. Le choeur
dont le sol est en terre battue et l'avant choeur forment un ensemble
ternaire
scandée par des piles. Ce choeur gothique, l'un des plus
grands du Nord Pas de
Calais, porte l'histoire à une dimension qui
dépasse la dernière guerre.
L'expressivité très forte de cette
église blessée,
dépouillée de sa charge
historique, sont les éléments qui ont
orienté la démarche de commande publique. L'un
des plus grands artistes contemporains La
réflexion est lancée à l'automne 99
entre le CRMH et la ville, le programme s'étend
et passe du sol à l'ensemble du volume (choeur et avant
choeur). La
prospection s'engage avec des artistes matures, à
même d'aborder la question
des limites, des lisières, et qui ancrent leurs pratiques
dans l'espace, la
matière. Seront consultées les documentations sur
Anthony Caro, Elsworth Kelly
et Marthe Wery. En été 99, Anthony Caro
présente à Venise "le jugement
dernier", ensemble monumental qui déploie en une vingtaine
de pièces le
thème du jugement où se tresse le dialogue des
trois matières (bois, métal,
terre), les références mythologiques, bibliques
et les indices des conflits de
notre temps. Né
en
1923, Caro fut un temps élève d'Henri Moore. Il
engage une recherche largement
inspirée des travaux de Picasso. Lors de son
séjour aux Etats-Unis, il se lie à
l'artiste Kenneth Noland et côtoie l'oeuvre de David Smith.
Progressivement, il
interroge de façon intense les liens entre la sculpture et
l'architecture. Sa
sculpture explore les questions nées de la pesanteur, la
gravitation, de
l'équilibre et du rapport au sol: elle tend à
conjuguer la présence du corps et
la place du spectateur. Elle invite au déplacement, exprime
le geste et le
mouvement. Retrouvez un aperçu des oeuvres d'Anthony Caro sur: http://www.anthonycaro.org/frames-related/Gallery.htm Les
premières études Début
2001, l'artiste étudie le principe de son projet
à partir d'une maquette au
1/20ème. En été 2001, il
intègre un baptistère conformément
à la demande de
Monseigneur Defois et passe à la réalisation
d'une maquette à l'échelle
1/10ème, rencontre à plusieurs reprises les
interlocuteurs à Bourbourg et dans
son atelier de Londres où il finalise l'étude en
juin 2002. Son projet est un
parcours pensé en trois séquences. Dans le
bas-côté sud du choeur, il invite le
visiteur à vivre l'expérience du passage par
l'étroitesse (tours jumelles
adossées aux étais). C'est une introduction au
déplacement vers le choeur,
espace d'ouverture, lieu du baptême et de
l'expérience purificatrice de l'eau
au centre, il implante les fonds baptismaux entourés de neuf
hauts-reliefs qui
viennent se loger dans les arcatures jumelles. Chaque sculpture traite
du thème
de l'eau et de la création du monde. Enfin,
dernière séquence dans le
bas-côté Nord, une haute tour ronde attend les
visiteurs; cette tour généreuse est pour
l'artiste une métaphore de la Tour du
Paradis. Enfin à l'intérieur, une sculpture
marque l'accès latéral du bas
côté
sud, dans l'axe d'une porte latérale maintenue de
façon de permettre un accès
direct au pèlerin et visiteur. En
août
2006, le contrat est signé, il est composé de
deux volets: le projet artistique
commandé et le projet liturgique porté par
l'association des amis de Saint Jean
Baptiste. Description
du projet Dans
l'état actuel de l'étude en cours, l'artiste
maintient son parti pris initial
d'une oeuvre-parcours pensé pour le lieu, un
baptistère inscrit tel un foyer
rayonnant au centre d'un ensemble de sculptures. L'introduction des
emmarchements
a désormais généré deux
niveaux qu'il interprète comme des plateaux sur
lesquels sa composition est désormais
développée en deux partitions. Celle dans
l'avant-choeur est constituée des deux hautes tours jumelles
qui viennent enchâsser
les piles nord et sud. Les tours très sculpturaux
évoquent une construction
archaïque. Elles peuvent également être
lues comme des chaires qui permettent
de s'élever dans les bas-côtés,
l'artiste place les fonts baptismaux pour
enfants. Leur volume décrit un arc de cercle. Au Nord, le
mur de l'abside du
bas-côté accueillera un haut relief en terre
cuite, évocation du paradis
terrestre. L'avant choeur enfin abrite en son centre une ample cuve
baptismale
à l'image d'un puits. Autour, dans les neuf niches, se
déploient de façon
circulaire les hauts-reliefs sculptés.
Non seulement la ville de
Bourbourg a initié la plus importante commande
publique d'art sacré des
dernières décennies en France mais
elle en a confié la conception, après
que l'Etat en ait assuré l'étude, à un
sculpteur de renommée internationale dont
les oeuvres, l'évolution et le génie le situent
parmi les plus grands artistes
contemporains du monde. C'est une grande chance pour toute la ville de
Bourbourg d'être à l'école d'exigence
et de générosité d'Anthony Caro. Il a
osé
le défi artistique de concevoir une oeuvre moderne
dans et pour une
architecture gothique dont la portée spirituelle,
quelle que soit votre
confession, et la puissance évocatrice rendent
plus intelligent dès qu'on la
regarde. L'inauguration de l'oeuvre
est prévu en octobre 2008. |